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Haiti : La derniere Valse a L'Imperial
Posted On 08/26/2009 11:19:48 by administrator

Le festival du film d'Haïti, organisé sous la houlette de l'Association haïtienne des cinéastes, a attiré le public au ciné Impérial, à Delmas, pendant quatre jours (du 20 au 23 août). En famille, en couple, entre amis ou seul, les gens, en particulier des jeunes, ont investi le dernier bastion du cinéma à Port-au-Prince qui s'apprête à fermer ses portes.

« Ce festival est une réponse à cette situation. C'est une autre manière de dire au public que nous autres, cinéastes haïtiens, nous sommes en train de nous prendre en main. Ce secteur ne doit pas disparaître avec l'Impérial. L'engouement du public pour les films haïtiens est aussi une partie de cette réponse », déclare, lors du premier festival haïtien du film, au bar de l'Impérial, le coordonnateur général du comité organisateur, Moïse Kharméliaud.

Beaucoup de personnes ont fait la queue devant le guichet de l'Impérial. Il y a longtemps que les séances de cinéma n'ont pas mobilisé grand monde à Delmas. Les grands écrans s'éveillent, reprennent vie. Rien ne respire les funérailles de cette institution. Quinze films triés sur le volet sont à l'affiche. Parmi lesquels des longs et courts métrages et des films documentaires qui n'ont pas encore été exploités.

Carnet de cinéma

Deux ex-cinéphiles, Jackson Samedy et sa fiancée, dressent le menu des films qu'ils vont visionner pendant les quatre jours du festival. Sur leur carnet figurent : « Chimen pasyon » et « Les aventures de Boss Djo » de Kharméliaud Moïse, « San papye » de Hans Patrick Domerçant, « Lien de sang » d'Isabelle Fournier et Jean Rony Lubin, « Respekte non Bondye », « Face unique » de Cénatus Céna, « Le péché et le pardon » de Carline Verrier. Le couple laisse tomber les mini-métrages de fiction et de films documentaires qui intéressent d'autres publics. Citons, entre autres, « Anse-à-Veau, l'héritage d'Acau » de Réginald Chevalier, « El Maestro » de Frantz Voltaire, « Ti Manmi » de Stéphane Baptiste.

Rattraper le temps au cinéma

« Nous voulons nous rattraper pour tout le temps que nous ne sommes pas allés au cinéma. Si le festival se poursuit, nous reviendrons pour voir d'autres films haïtiens que nous n'avons pas encore achetés », révèle Samedy, grand consommateur de DVD accessibles dans les étals de nos marchands de rue.

D'autres commentaires de personnes venus encourager le septième art haïtien rejoignent les propos de Samedy.

« Il y a plus d'un an que je ne suis pas allé au cinéma. Mais lorsque j'ai entendu que la dernière salle du cinéma de Port-au-Prince va fermer ses portes, j'ai senti le besoin d'aller vers le grand écran », confie Jean Colin, un quinquagénaire cinéphile qui a abandonné la passion du grand écran pour le petit écran.  Continuer >    Le Nouvelliste en Haiti - Nouvelles d'Haiti: actualités politique, nationale, économique, société, culture, sport. Haitian news: Politics, economy, society, culture and entertainment, sports.

Le Nouvelliste en Haiti - Nouvelles d'Haiti: actualités politique, nationale, économique, société, culture, sport. Haitian news: Politics, economy, society, culture and entertainment, sports.Le Nouvelliste en Haiti - Nouvelles d'Haiti: actualités politique, nationale, économique, société, culture, sport. Haitian news: Politics, economy, society, culture and entertainment, sports.Le Nouvelliste en Haiti - Nouvelles d'Haiti: actualités politique, nationale, économique, société, culture, sport. Haitian news: Politics, economy, society, culture and entertainment, sports.Le Nouvelliste en Haiti - Nouvelles d'Haiti: actualités politique, nationale, économique, société, culture, sport. Haitian news: Politics, economy, society, culture and entertainment, sports. En compagnie de sa belle famille, sa femme et ses quatre enfants, Jean Colin se fait du souci pour les films haïtiens. « Où donc le grand public aura-t-il l'occasion de visionner les films haïtiens ? Cet art qui n'est qu'à ses débuts chez nous mérite des salles confortables pour mieux jouir de nos films. » Le père de famille, sous l'oeil bienveillant de sa femme et de ses enfants, dans un élan de sincérité, fait son mea culpa. On eût dit qu'il voulait endosser tout le mal que le piratage, l'indifférence, la négligence, l'absence de politique cinématographique ont fait au cinéma haïtien. « J'en conviens que, dans mon rayon d'action, j'ai ma part de responsabilité. Autrefois, j'allais souvent au cinéma. Je ne ratais pas un week-end. Depuis que la DVD est apparue, je préfère rester à la maison pour consommer avec ma famille des films piratés. » Toute sa belle famille partit d'un grand rire.

Pour Anne-Jude, la fille de Jean Colin : « Les DVD offrent un grand avantage. Lorsque vous achetez un DVD à 40 ou 50 gourdes, vous pouvez voir votre film autant de fois que vous le voulez, et cela vous épargne de grandes dépenses. »

Dans la grande allée où s'impatientent beaucoup de gens, des remarques reviennent. « Il y a au moins six mois depuis que je ne suis pas allé au cinéma », dit Patrick, un jeune dans la vingtaine. La raison pour laquelle il ne met pas les pieds, il le dit : « Une séance à l'Impérial coûte entre 100 et 125 gourdes. Si je dois amener ma petite amie, cela me fait 200 ou 50 gourdes pour les cartes ; ajoutez les 100 gourdes pour les courses de taxi aller et retour, et les amuse-gueules et rafraîchissement. Faîtes le calcul ? », lance-t-il en guise de réponse.

Depuis combien de temps vous n'êtes pas allée au cinéma demande-t-on à une jeune fille tirée à quatre épingles qui semble sortir droit de l'écran. « Cela fait huit mois ! Oh ! je n'aurais pas dû dire cela. Je suis actrice de cinéma. Je ne suis pas un bon modèle », déclare, désolée, la jeune fille. Elle met cet abandon sur le compte de ses finances qui ne répondent pas. Même son de cloche pour une autre actrice accompagnée par son copain. Elle rejette le tort sur ce dernier qui ne l'emmène pas dans la seule salle de projection de films de la capitale.

Beaucoup de gens pensent que la paupérisation de la population est l'un des facteurs de déclins des salles de cinéma. « Les jeunes qui n'ont pas d'argent se tournent vers les ti sourit. C'est ce que l'Etat haïtien leur offre comme culture populaire. Dans les ti sourit, ils se droguent, s'engueulent et empêchent les gens de dormir. Le cinéma devient un luxe. »

Il fut un temps où beaucoup de quartier à Port-au-Prince avait leur salle de cinéma. Les gens de toutes les classes de la société avaient un espace pour se socialiser. Les ouvriers, les employés de maison pouvaient aller se détendre à peu de frais dans une salle de cinéma. Même aux abords de certains marchés de la capitale, il y avait des salles. Montparnasse était ouvert de midi à Minuit. Chacun avait ses choix. Citons pêle-mêle : Lido, L'Union, Sénégal, Eldorado, Paramounth, Rex, Triomphe, Capitole, Magic Ciné, Cabanon, Cric Crac, Airport etc. Rien qu'à Port-au-Prince, il y avait 28 salles de cinéma qui desservaient la population. Les années passent et ne reviennent pas. Le temps du cinéma est compté.

  Claude Bernard Sérant
serantclaudebernard@yahoo.fr

Tags: Cine Imperial Film Festival Haiti



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*** Motion Picture Association of Haiti, Inc ***